Chambre 1515
samedi 29 juin 2013
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| Nelumbo lutea Yellow American lotus, © 2012 Beverly Allen | All rights reserved |
il est bon de s'enfarger dedans
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| Nelumbo lutea Yellow American lotus, © 2012 Beverly Allen | All rights reserved |
| The Ward Sophie Jodoin www.sophiejodoin.com via designiskinky.net |

coeur a cassé
sa dent creuse
dans le sexe
je cache sous le lit
de friables tendresses

au Jardin nos doigts ont froidi
sur la grille comme des serres
au cou d’une bête
de moins en moins vive
coup de feu
mais pour toi il n’y avait pas
de son rien
ni de chute

tire ma hanche à l’intérieur d’un espace où battra mon coeur sans souiller mon sang
tire ma hanche à l’intérieur d’un espace
où battra mon coeur
tire
Je serai ce jeudi 22 avril en lecture à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, juste avant le spectacle de danse "Sonya et Yves". Entrée gratuite. 20h. Au plaisir de vous y voir!
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jusqu’au plafond
tu étires ta chevelure :
tendre
il vaut mieux quoi qu’il arrive
se dire tendre
-nul goût pour la fuite
tu t’acharnes à l’est
là où le soleil
fait front
Photographie : F. Woodman.

les rangs de glaïeuls s’étalent contre terre
je mords les tiges et ficelle
les bouquets
une femme heureuse respire
l’échancrure de ma chemise
c’est le temps de rentrer
-
déjà le frais du matin ondule de chaleur
aurons-nous le temps de jouir
du café
et corps à corps
de la peau douce avant les sueurs
vagues d’été
Tous droits réservés : Isabelle Gaudet-Labine et L'Estuaire.

tu dors - comme moi l’orage
lèche le soleil
avec la joie d’un chiot
il n’y a plus de lutte à mener -
tu as le sourire des matins
roses
où le petit jour
est bercé
légers les fusils
qui visent des oiseaux
et des hommes qui tombent
tête première dans les bois
tueurs ballerine
une proie ou deux
le temps se couvre
il vaut mieux tirer
cueillir ces fleurs
pour le maître de chasse
j'avais un grand poisson
aux yeux brillants
y passait en trombe le monde
et des reflets de noyées
quand tes mots ne cherchent
pas les miens
qu’ils me laissent close
j'entrevois la peau mate
de ces corps
abandonnés
La très belle revue L'Oiseau-Tigre du Théâtre français vient de paraître, avec quelques-uns de mes poèmes. En voici deux, le premier inspiré de l'oeuvre Moi/toi Ici/là-bas de Francine Savard, le deuxième de Indelible Memories de Sophie Jodoin.
ici X

sommes déjà plusieurs
à qui rien n'arrive
je retrace X
et pense à toi
dans mes sous-vêtements
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un chiot aboie en bavant
sur les pieds d'une fillette
elle n'avance pas la main
trop d'images de chiens
l'empêchent
de se mouvoir jusqu'à lui
Tous droits réservés : Isabelle Gaudet-Labine et L'Oiseau-Tigre.

printemps panache
casse le temps tranche
l'obscurité
déjà les lilas jouissent et préparent des parfums à incliner tout corps
un poids
à pointer tout entier vers
en poudre en mèche cette fébrile mortelle
enfoncée furieuse au coeur d'elle
porter atteinte à la vie
voici exhibés
les bois
à perte la matière d'aimer et mourir
donne forme - les glaces fondent :
elle a levé la tête
la belle bête
Le jour a passé. Nantes. L'amour d'un frère, d'un enfant. Dans le vent froid de la Loire, les lèvres engourdissent - douleur jouissive contre la mort réveillée, ce poids balançant le nôtre. On se tourne vers cette minuscule main, cette vie légère appuyée contre nous, tendre. Sourires.
Le pas s'allonge près des tramways au rythme du frère - wagons, secousses, ferraille - coeur ferré - on le pense alors, on entend les départs, les freins, les départs.
Partir, par les rues entrer Église St-Nicholas - ses murs criblés de balles - les rayons blancs par les vitraux brisés. L'enfant du frère demeure silencieux, ses grands yeux fixent plafonds et ciels, n'importe quoi pourvu que nous soyons là - nous le sommes.
Le Jardin des plantes exhibe ses noms : Chêne zen, Chêne Condé, Chêne ceci-cela. Avertissement : "nos pelouses centenaires sont réservées aux petits oiseaux".
Effluves de roses naissantes. Le tronc pétrifié d'une femme - les fesses parfaites, la courbe du dos et de l'épaule - agite l'air d'une puissance minérale. Printemps. Donne à ressaisir le crin des heures, à le tenir fermement en direction de.
Bel et bien sans honte embrasser. Le jour, l'enfant, le frère, la vie ses morts - tout cela Nantes. Bientôt Paris. Puis Montréal, à nouveau.
il n'y a pas de lieu
à heure à coeur fixe
c'est en mentant que nos pleurs
sont beaux
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